L’histoire du Palais Garnier, dans l’ordre

Un empire commande un opéra
La commande émanait de Napoléon III, comme pièce maîtresse du Paris haussmannien — de nouveaux boulevards méritaient un nouvel opéra à leur extrémité. Le concours de 1861 devait consacrer un nom établi. Il révéla au contraire Charles Garnier, trente-cinq ans et largement inconnu, dont le projet sut convaincre malgré la concurrence des grands noms. J’aime rappeler aux visiteurs que ce bâtiment fut une surprise avant d’être un monument.
L’eau, la guerre et la Commune
Les travaux ont commencé, mais le sol a résisté : les eaux souterraines inondaient sans cesse les fondations, et la solution de Garnier — une citerne en maçonnerie étanche qui stabilise encore le bâtiment aujourd’hui — est devenue plus tard le point d’eau le plus mal compris de la littérature, détaillé sur la page du lac souterrain. Puis l’Histoire s’en est mêlée : la guerre franco-prussienne, la chute du Second Empire, la Commune. Pendant ces années de conflit, le bâtiment inachevé a servi de dépôt militaire et d’hôpital. Quatorze ans se sont écoulés entre les premiers croquis et la première représentation.
5 janvier 1875
La salle a ouvert comme vitrine d’un régime qui n’existait plus, et cela n’avait aucune importance. L’escalier, le foyer doré et la salle en fer à cheval de 1 979 places ont fait ce pour quoi ils avaient été conçus : donner au public l’impression d’être le spectacle. Ils le font toujours — l’ordre de visite se trouve sur ce qu’il faut voir à l’intérieur.
Le siècle qui a suivi
Deux dates ultérieures comptent pour un visiteur. En 1964, le plafond de Marc Chagall a été installé dans la salle de spectacle par-dessus celui de Jules-Eugène Lenepveu — par-dessus, pas à la place — et les Parisiens en débattent depuis ; moi, j’ai une rancune, polie. Et en 1989, l’Opéra Bastille a ouvert de l’autre côté de la ville, reprenant la plupart des grandes productions lyriques et laissant Garnier se recentrer sur le ballet — les conséquences pratiques sont détaillées dans Garnier vs Bastille. Une chose que le bâtiment n’a jamais accueillie : Marie-Antoinette, morte 82 ans avant son inauguration — ce mythe a sa propre page.
Placez-vous sur la Place de l’Opéra et repérez Apollon doré sur la ligne de toit, entre la Poésie et la Musique, avant d’entrer. Le bâtiment se présente mieux à trente mètres de distance.
Entendre l'histoire racontée dans les rues où elle s'est déroulée
La visite guidée du quartier de l'Opéra — €59 — retrace l'histoire théâtrale du quartier autour du bâtiment, avec les légendes du *Fantôme de l'Opéra*, mais attention aux mises en garde honnêtes : elle ne pénètre pas à l'intérieur, et sa note de 5.0 repose sur seulement cinq avis — à pondérer dans le commentaire. Pour l'intérieur avec narration, la visite dramatisée offre une base de preuves plus solide.
Foire aux questions
Qui a construit le Palais Garnier ?
Charles Garnier, un jeune inconnu de 35 ans, remporta le concours de 1861 sous Napoléon III, dans le cadre de la transformation de Paris par Haussmann. La construction s’étala de 1861 à 1875 — ce à quoi ressemble son bâtiment, salle par salle, est détaillé sur ce qu’il faut voir à l’intérieur.
Pourquoi le Palais Garnier a-t-il mis 14 ans à être construit ?
Les eaux souterraines ont inondé les fondations, puis la guerre franco-prussienne, la chute du Second Empire et la Commune de Paris ont interrompu les travaux ; le bâtiment inachevé a servi de dépôt militaire et d’hôpital pendant les années de guerre. Le problème d’eau a laissé une citerne qui a nourri un mythe célèbre — le lac, démystifié.
Quand le Palais Garnier a-t-il été inauguré ?
Le 5 janvier 1875, sous la jeune Troisième République plutôt que sous le Second Empire qui l’avait commandé. Depuis 1989, la plupart des grandes productions lyriques se jouent à l’Opéra Bastille — ce qui se joue où aujourd’hui.
Le plafond est-il d'origine ?
Le plafond de la salle que vous voyez est celui de Marc Chagall, peint en 1964 et installé par-dessus l'original de Jules-Eugène Lenepveu plutôt que de le remplacer. Les Parisiens débattent encore de ce choix, et j'ai pris parti.